lundi 30 mars 2015

about LSE

La Bourse de Dubaï est sortie du London Stock Exchange, au bout de huit ans.

C'est l'autre avantage d'une bonne affaire : il n'est pas besoin d'un long discours pour se justifier d'en sortir. Borse Dubai a donc justifié la cession de ses actions du London Stock Exchange (17,5 % du capital) par les niveaux historiques atteints : il était temps de « monétiser ». Cette tentation est bien dans l'air du temps, en Europe, pour les groupes industriels ou les investisseurs longs, vu la multiplication des gros blocs placés avec décote. Le milieu de la fourchette de prix des banquiers placeurs procurait ainsi un rendement proche de 180 % (dividende compris) sur son prix historique à la Bourse, propriété des Dubaïotes, tout en étant inférieur de 10 % au dernier cours coté. La City ne pourra pas vraiment prendre la mouche, compte tenu de l'envolée du cours depuis l'augmentation de capital de l'été dernier et de la perspective d'un élargissement du flottant. Même si l'argent semble tomber du ciel sous le soleil des Emirats, cette création de valeur - trois fois supérieure à la moyenne des actions britanniques - n'avait rien d'évident il y a huit ans. L'émirat, déjà connu pour sa pêche aux perles, avait alors aidé son allié Nasdaq à prendre possession de la plate-forme suédoise OMX, tout en lui reprenant sa participation anglaise, une transaction complexe dénouée aussi avec la participation des Qataris. Il a eu ensuite la sagesse de patienter, pour voir le patron arrivé en 2009, Xavier Rolet, redorer le blason du LSE (de la 8e à la 5e place du secteur par la capitalisation) et lui faire troquer le statut de proie contre celui de prédateur, grâce à un « business model » renouvelé. La Bourse électronique américaine, dont Dubaï détient encore une part du capital, a fait moitié moins bien depuis l'été 2007.

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